Nos analyses pour le secteur de l'énergie et de l'environnement
Nos analyses pour le secteur de l'énergie et de l'environnement

Notre point de vue sur le secteur de l'énergie et de l'environnement

Depuis 2000, les émissions de gaz à effet de serre ont connu une augmentation de 33% sous l'effet de la croissance démographique et économique mondiale

Les émission de gaz à effet de serre en Giga tonnes (Gt) d’équivalent CO2

(Source : analyse Astrafor)

Les émission de gaz à effet de serre en Giga tonnes (Gt) d’équivalent CO2

(Source : analyse Astrafor)

  • Les émissions de gaz à effet de serre sont passées entre 2000 et 2017 de 37.5 à 49.9 milliards de tonnes avec le cumul de trois effets :
    • la réduction des émissions par $ de PNB a contribué à réduire les émissions de 22.2 milliards de tonnes,
    • la croissance économique (PNB par habitant) a contribué à accroître les émissions de 26.8 milliards de tonnes,
    • la croissance de la population mondiale a contribué à accroître les émissions de 7.8 milliards de tonnes.
  • En 2017, la production et la consommation d’énergie représentaient 36.4 milliards de tonnes d’équivalent CO2, soit 73% des émissions, pour une croissance annuelle moyenne de 2% entre 2000 et 2017.
  • En 2017, le traitement des déchets représentait, 1.6 milliards de tonnes d’équivalent CO2, soit 3.2% des émissions, avec une croissance annuelle moyenne de 2000 à 2017 de 0.8%.
  • Pour plus d’informations, lire notre analyse du défi climatique : 
  • Les émissions de gaz à effet de serre sont passées entre 2000 et 2017 de 37.5 à 49.9 milliards de tonnes avec le cumul de trois effets :
    • la réduction des émissions par $ de PNB a contribué à réduire les émissions de 22.2 milliards de tonnes,
    • la croissance économique (PNB par habitant) a contribué à accroître les émissions de 26.8 milliards de tonnes,
    • la croissance de la population mondiale a contribué à accroître les émissions de 7.8 milliards de tonnes.
  • En 2017, la production et la consommation d’énergie représentaient 36.4 milliards de tonnes d’équivalent CO2, soit 73% des émissions, pour une croissance annuelle moyenne de 2% entre 2000 et 2017.
  • En 2017, le traitement des déchets représentait, 1.6 milliards de tonnes d’équivalent CO2, soit 3.2% des émissions, avec une croissance annuelle moyenne de 2000 à 2017 de 0.8%.
  • Pour plus d’informations, lire notre analyse du défi climatique : 

L'enjeu majeur de la lutte contre le réchauffement climatique est l'accroissement de la part de l'électricité dans la consommation d'énergie et sa décarbonation

Les émissions de gaz à effet de serre en 2055 en Gt

(Source : Analyse Astrafor)

  • La limitation de la croissance économique, l’augmentation de la part de l’électricité dans le mix énergétique, la décarbonation de l’électricité et la captation du CO2 sont les actions majeures qui pourraient permettre d’arriver à une émission nulle autour de 2050 et négative autour de 2055, permettant ainsi de compenser le fait que les objectifs avant 2050, et notamment les 21Gt en 2030, ne seront vraisemblablement pas atteints.
  • En particulier, l’accroissement de la part de l’électricité dans la consommation d’énergie à 55% et sa décarbonation permettraient de réduire de 70% l’intensité carbonique de l’énergie consommée d’ici à 2055.
  • La généralisation du véhicule électrique est le levier majeur de l’accroissement de la part de l’électricité dans le mix énergétique, et il devrait y avoir environ 35 millions de véhicules électriques dans l’Union Européenne et le Royaume Unis en 2030.
  • Pour plus d’informations, lire notre analyse du défi climatique :
  • La limitation de la croissance économique, l’augmentation de la part de l’électricité dans le mix énergétique, la décarbonation de l’électricité et la captation du CO2 sont les actions majeures qui pourraient permettre d’arriver à une émission nulle autour de 2050 et négative autour de 2055, permettant ainsi de compenser le fait que les objectifs avant 2050, et notamment les 21Gt en 2030, ne seront vraisemblablement pas atteints.
  • En particulier, l’accroissement de la part de l’électricité dans la consommation d’énergie à 55% et sa décarbonation permettraient de réduire de 70% l’intensité carbonique de l’énergie consommée d’ici à 2055.
  • La généralisation du véhicule électrique est le levier majeur de l’accroissement de la part de l’électricité dans le mix énergétique, et il devrait y avoir environ 35 millions de véhicules électriques dans l’Union Européenne et le Royaume Unis en 2030.
  • Pour plus d’informations, lire notre analyse du défi climatique :

L'épidémie de COVID a fait reculé la consommation d'énergie mais a surtout accéléré la transition vers les énergies renouvelables et le véhicule électrique

  • Le marché mondial de l’eau est estimé à 600 milliards d’euros, celui du traitement des déchets à 400 milliards, celui des services énergétiques à 400 milliards d’euros, et celui de la production et de la distribution d’énergie à environ 10 000 milliards d’euros.
  • Alors qu’en 2019, la consommation énergétique primaire mondiale avait augmenté de 0.6%., elle a baissé de 5.3% en 2020. 
  • Si au pic du confinement planétaire, les émissions de gaz à effet de serre ont été ponctuellement réduites de 17%, elles ne l’ont été que de 5% sur l’ensemble de 2020, preuve que la décroissance n’est pas la solution au réchauffement climatique.
  • La baisse de la consommation énergétique en 2020 est marquée par la baisse de la consommation des énergies fossiles (de 8.5% pour le pétrole, 6.7% pour le charbon et 5.3% pour le gaz) alors que la consommation d’énergie renouvelables a progressé de près de 1%. En particulier, la consommation d’électricité produite par les énergies renouvelables a progressé de 6.6% alors que la consommation d’électricité totale a baissé de 2% sur l’année 2020 et jusqu’à 15% pendant les périodes de confinement.
  • La baisse de consommation des énergies fossiles est liée à la baisse de la consommation de carburants pour le transport (-11%), le chauffage (-3%), et la consommation d’électricité (-2%) celle-ci étant toujours produite pour 63% à partir d’énergies fossiles.
  • L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) prévoit que la consommation énergétique mondiale ne retrouvera son niveau de 2019 qu’au mieux en 2022 et possiblement seulement en 2025, suivant l’ampleur de la reprise économique post-COVID.
  • En 2020, les investissements dans les énergies renouvelables ont atteint 304 milliards de dollars en hausse de 2%, et les investissements dans la capture du CO2 ont progressé de 212%, alors que les investissements dans l’exploration et la production d’hydrocarbures ont baissé de 30% (à 380 milliards de dollars).
  • En 2020, le NEX, l’indice boursier des énergies renouvelables a progressé de 140%. 
  • L’épidémie de COVID a également accéléré la montée en puissance des véhicules électriques. Ainsi en 2020 en France, les ventes de voitures électriques et hybrides (rechargeable et simple) ont été multipliées par 3 par rapport à 2019, pour représenter 21% des ventes de voitures neuves
  • En France, en 2020, les énergies renouvelables ont représentées 26.9% de la production électrique nationale contre 23.1% en 2019. La capacité du parc de renouvelables à 56 GW se rapproche de celle du nucléaire à 60 GW. La part des énergies renouvelables dans la consommation électrique est très variable entre les différentes régions françaises (2% en Ile-de France, 45% en Auvergne-Rhône-Alpes). 

Même si les résultats ne sont pas encore à la hauteur de l'ambition, l'action publique est très largement mobilisée contre le réchauffement climatique

  • Lors du « Sommet de l’ambition pour le climat » de décembre 2020, 127 Etats sur 195 ont affirmé leur ambition d’atteindre la neutralité carbone à moyenne échéance. Notamment, le Royaume-Unis a annoncé viser d’ici à 2030 une baisse de ses émissions de gaz à effet de serre de 68% par rapport à leur niveau de 1990.  Le Canada, le Japon et la Corée du Sud visent la neutralité carbone en 2050, la Chine en 2060. Dans son programme électoral, Joe Biden a promis de ramener les Etats-Unis dans l’accord de Paris et de viser la neutralité carbone pour 2050 grâce à un programme d’investissements de 2 000 milliards. Le total des investissements prévus par les différents pays ayant fait des annonces en la matière se monte à 12 000 milliards de dollars.
  • Au niveau de l’Union Européenne :
    • l’ambition est de réduire de 55% les émissions de gaz de serre à l’horizon 2030 pour atteindre la neutralité carbone en 2050,
    • les fonds structurels européens ne financeront plus de projets de production d’énergie fossile après 2025,
    • 17.5 milliards d’euros seront investis pour aider les pays européens les plus en retard à accélérer leur transition énergétique,
    • 37% des fonds du plan de relance européen devront être consacrés à la transition énergétique,
    • l’objectif est de faire passer les capacités éoliennes de 12 GW en 2020 à 60 GW en 2030 puis 300 GW en 2050, pour un investissement de 800 milliards d’euros,
    • la réglementation européenne RE2020 impose aux bâtiments neufs des seuils de consommation énergétique et d’émissions de gaz à effet de serre à partir de l’été 2021, et entrainera de facto la fin du chauffage au gaz des bâtiments neufs,
  • Certains Etats ont mis en place une taxe carbone sur les énergies fossiles, comme la Suède où elle est fixée à 116 euros la tonne et représente 45% du prix de l’essence à la pompe. La Suède est ainsi parvenue à réduire de 27% ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2018.
  • Les autorités françaises :
    • veulent réduire de 50% la consommation française d’énergie fossile par rapport à 2012 d’ici à 2050, et de 35% d’ici à 2028,
    • prévoient d’interdire le véhicule thermique à l’horizon 2040 et de doubler la capacité de production d’électricité par les énergies renouvelables par rapport à 2017 d’ici à 2028 pour atteindre 72 GWh (25.7 d’hydroélectrique, 20.1 de solaire photovoltaïque, 24.1 d’éolien terrestre, 2.4 d’éolien en mer)  
    • veulent accroître le soutien de l’État à la filière biogaz à hauteur de 9,7 Md€ pour qu’elle représente 6 à 8 % de la consommation de
      gaz en 2028,
    • prévoient d’autoriser la construction de nouvelles capacités éoliennes pour 2 GW par an (contre 1.5 GW en moyenne sur 2019-2020),
    • ont fermé 12 GWh de capacités de production électrique au fioul et au charbon entre 2012 et 2019,
    • veulent fermer les quatre dernières centrales à charbon d’ici à fin 2022, sortir complètement du chauffage au charbon d’ici à 2025 et du chauffage au fioul d’ici à 2035, et mettre fin au charbon dans l’industrie (hors sidérurgie) d’ici 2030.
    • ont institué un malus écologique (de 10 euros par kilo) sur les véhicules de plus de 1.8 tonnes (sauf sur les véhicules hybrides rechargeables ou électriques) et veulent atteindre 1.2 millions de voitures particulière électriques et 20 000 camions au gaz en 2023,
    • ont lancé plus de 4 000 chantiers de réhabilitation thermique des bâtiments publics pour 2.7 milliards d’euros d’investissement.
  • Les villes et les régions françaises ont également initié de nombreuses actions. Ainsi par exemple, la région Hauts-de-France a validé 1 200 projets (bus à hydrogène, ferme solaire, usine de production de biométhane, …) pour un investissement de 650 millions d’euros.

Les grandes entreprises ont intégré l'objectif d'une économie décarbonée

  • A la suite de l’accord de Paris, 80% des 500 plus grandes entreprises mondiales ont annoncé des objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre et, dans le cadre du Global Compact de l’ONU, 300 grandes entreprises se sont engagées à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
  • Le World Business Council for Sustainable Development regroupe 200 grandes entreprises qui travaillent ensemble à l’accélération de la transition environnementale. 
  • En 2018, une centaine de dirigeants de grands groupes multinationaux (dont Google, Apple, Citigroup, Nestlé, ABB, Aon, …) ont signé une lettre ouverte au Président Trump pour le presser de respecter les engagements de l’accord de Paris.
  • Google a annoncé avoir atteint la neutralité carbone en 2007 et s’est engagé à utiliser 100% d’électricité d’origine renouvelable en 2030. Microsoft vise une empreinte carbone négative en 2030 et à effacer l’intégralité du CO2 qu’il a émis depuis sa création d’ici à 2050. Apple s’est donné une décennie pour atteindre la neutralité carbone pour lui même et l’ensemble de ses fournisseurs de composants. Facebook vise la neutralité carbone en 2030, Amazon pour 2040.
  • La notation et le reporting environnementaux prennent une importance croissante et sont adoptées par de plus en plus d’entreprises, au-delà des obligations réglementaires :
    • 9 600 entreprises au niveau mondial se soumettent chaque année à la notation du Carbon Disclosure Project.
    • En France, depuis 2010, les entreprises de plus de 500 salariés ont l’obligation d’établir un bilan carbone incluant leurs émissions directes et les émissions associées à leur consommation électrique, mais pas celles liées à leurs achats. En décembre 2020, les entreprises du CAC40 se sont engagées à respecter, en 2021, les recommandations TCFD (« Task-force on Climate-related Financial Disclosure) dans leurs rapports financiers afin d’améliorer la transparence en matière d’impact et de risques environnementaux.
  • La performance environnementale est devenue importante dans la notation des entreprises : Moody’s a racheté Vigeo Eiris et Standard & Poors les services d’évaluation environnementale de Robeco. Standard & Poors publie les Dow Jones Sustainability Index (Monde, Europe, Amérique du Nord, pays émergents, …) qui met en avant les entreprises les plus performantes en matière de développement durable.

Les changements des comportements et attentes des consommateurs s'accélèrent

  • Les marchés de l’électricité et du gaz naturel sont ouverts à la concurrence depuis 2004 pour les entreprises et 2007 pour les particuliers. Les fournisseurs alternatifs d’électricité ont pris 49% du marché des entreprises et 25% de celui des particuliers.  Les fournisseurs alternatifs de gaz ont pris 72% du marché des entreprises et 34% de celui des particuliers.
  • Le taux de clients particuliers effectuant un changement de fournisseur d’électricité ou de gaz est en progression lente mais constante depuis l’ouverture à la concurrence et a atteint 3.4% au troisième trimestre 2020, 3.4% pour l’électricité et 5% pour le gaz.
  • Si les autorités françaises résistent encore à l’ouverture à la concurrence de l’hydroélectrique demandée par la Commission Européenne, le 1er décembre 2020 a vu la fin des tarifs réglementés du gaz à destination des 36 000 clients professionnels qui étaient restés chez Engie, et au 1er janvier 2021, c’est le tarif réglementé de l’électricité pour les 1.3 millions de clients professionnels d’EDF qui a disparu. Le 30 juin 2023, les tarifs réglementés de vente de gaz naturel disparaitront.
  • Le prix de l’électricité pour les consommateurs résidentiels  a augmenté de près de 44% entre 2010 et 2020, et pour 2021 la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) propose une augmentation de 1.6%. Cependant le prix de l’électricité reste compétitif en France par rapport aux autres pays européens. 
  • Un tiers des ménages français déclarent restreindre le chauffage pour ne pas avoir de factures trop élevées, et 10% rencontrent des difficultés pour payer les factures d’électricité ou de gaz.
  • La demande est forte pour des offres vertes et à fin 2019, 7% des foyers français avaient souscrit une offre d’énergie décarbonée (contre 20% en Allemagne). EDF a ainsi lancé les offres « Vert Electrique Bretagne » (qui certifie la production à partir de deux parcs éoliens en Bretagne), « Vert électrique », « Vert Electrique Week-end » et « Vert électrique auto ». Engie a lancé une offre d’électricité et de gaz Vert+ pour les particuliers. Direct Energie, la filiale de Total, revendique 14% de contrats « verts ».
  • En tout cas la dimension environnementale s’affirme comme un critère de choix de plus en plus important du choix de leur fournisseur d’énergie pour les clients particuliers et entreprises. 70% des consommateurs souhaitent une offre d’énergie décarbonée et 16% déclarent être prêts à souscrire à une telle offre même si elle est plus chère.
  • L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a lancé un label pour certifier les offres d’énergie « vertes » qui sera disponible à partir de septembre 2021.
  • Au-delà de la dimension environnementale des offres, les clients particuliers et entreprises attendent des offres d’énergie de plus en plus flexibles et segmentées en fonction de leur profil de consommation. Par exemple, EDF a multiplier les offres avec « Tempo » (les tarifs dépendent de la couleur du jour), « Heures creuses » (le tarif dépend de l’heure de la journée), « Mes Jours Zen » (prix optimisé le week-end), …
  • Par ailleurs, 35% des ménages français se déclarent prêts à investir pour devenir producteurs d’énergie.
  • En matière de traitement des déchets, chaque français rejette environ 580 kilo de déchets par an, en baisse de 2% en 10 ans.  Le tri sélectif s’est imposé en France et atteint maintenant un taux de 70%, le taux de stockage (en décharge) s’élevant à 26% (contre 31% d’incinération avec valorisation énergétique et 42% de valorisation des matières). 
  • La consommation d’eau en France est 1 875 m3/personne/an (contre 2 483  aux États-Unis) en baisse légère et régulière depuis 2004

Le nucléaire est l'atout menacé de la France

Les classements des pays par rapport à la transition énergétique (Energy Transition Index)

(Source : World Economic Forum)

  • Le nucléaire a un bilan carbone meilleur que celui du solaire et équivalent à celui de l’éolien (évaluation du GIEC) sans être intermittent.
  • Le nucléaire pourrait également permette une production d’hydrogène à faible empreinte carbone.
  • Représentant plus de 41 % de la production énergétique française (contre 11% pour les énergies renouvelables), le nucléaire :
    • confère à la France son l’autonomie énergétique,
    • permet un prix de l’électricité inférieur de 20 % à la moyenne européenne,
    • permet à la France de n’émettre que 77g de CO2 par kWh contre 356g pour les Pays-Bas, 293g pour l’Allemagne, 182g pour le Royaume-Uni, 179g pour l’Espagne,
    • représente 220 000 emplois, 3 000 entreprises et un excédent commercial de 7 milliards d’euros pour la France.
  • Et c’est grâce au nucléaire que la France arrive à la 8éme position au niveau mondial (sur 115 pays évalués) dans le classement établi par le World Economic Forum à partir de son Energy Transition Index.
  • Le nucléaire a un bilan carbone meilleur que celui du solaire et équivalent à celui de l’éolien (évaluation du GIEC) sans être intermittent.
  • Le nucléaire pourrait également permette une production d’hydrogène à faible empreinte carbone.
  • Représentant plus de 41 % de la production énergétique française (contre 11% pour les énergies renouvelables), le nucléaire :
    • confère à la France son l’autonomie énergétique,
    • permet un prix de l’électricité inférieur de 20 % à la moyenne européenne,
    • permet à la France de n’émettre que 77g de CO2 par kWh contre 356g pour les Pays-Bas, 293g pour l’Allemagne, 182g pour le Royaume-Uni, 179g pour l’Espagne,
    • représente 220 000 emplois, 3 000 entreprises et un excédent commercial de 7 milliards d’euros pour la France.
  • Et c’est grâce au nucléaire que la France arrive à la 8éme position au niveau mondial (sur 115 pays évalués) dans le classement établi par le World Economic Forum à partir de son Energy Transition Index.
  • La catastrophe de Fukushima a amené les autorités japonaises à fermer toutes les centrales nucléaires du pays en quinze mois. L’Allemagne a également fermé ses centrales nucléaires et la Belgique prévoit de fermer ses sept réacteurs d’ici à 2025.
  • Trois chercheurs (Matthew Neidell, Shinsuke Uchida, Marcella Veronesi) ont montré que la fermeture des centrales japonaises avaient surenchéri le prix de l’électricité de façon importante (jusqu’à +38%) dans la région de Tokyo ce qui aurait empêché les populations les plus modestes de se chauffer et provoqué 5 000 décès sur 4 ans.
  • Trois chercheurs (Stephen Jarvis, Olivier Deschenes, Akshaya Jha) évaluent à 12 milliards de dollars et plus de 1 000 morts par an (du fait de l’augmentation de la pollution) l’impact de l’arrêt de ses centrales nucléaires par l’Allemagne. Le WWF évalue pour sa part le nombre de décès à 23 000.
  • Du fait de la fermeture de la centrale de Fessenheim (1 800 GWh) et de travaux pour maintenance, la production du parc nucléaire français, le second au monde derrière celui des Etats-Unis, est tombé en 2020 à son plus bas niveau depuis 1992, date à laquelle le parc était plus restreint.
  • La Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) de 2020 prévoit de ramener la part du nucléaire au sein du mix électrique de 71% aujourd’hui à 50 % à l’horizon 2035 en fermant 12 réacteurs nucléaires (en plus des 2 réacteurs de Fessenheim)
  • En décembre 2020, le Président Macron a réaffirmé la place du nucléaire et a annoncé des investissements dans les petits réacteurs modulaires (SMR) et que le futur porte-avions devant remplacer le Charles de Gaulle (en 2038) sera à propulsion nucléaire.
  • En février 2021, l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) a autorisé la poursuite de l’exploitation de 32 réacteurs nucléaires (sur 56) d’EDF au-delà des 40 ans conditionnée à des travaux de rénovation et de sécurisation qui représentent un défi industriel majeur pour EDF et toute la filière nucléaire française. EDF défend une stratégie consistant à allonger la durée de vie de toutes ses centrales à 50 ans puis à étaler l’arrêt de 52 réacteurs entre 50 et 60 ans, soit entre 2029 et 2055, à raison environ de deux réacteurs par an.
  • Malgré les 10 ans de retard et le surcoût de 15 milliards d’euro de l’EPR (Evolutionary Power Reactor) de Flamanville, EDF souhaite pouvoir construire 6 nouveaux EPR sur le territoire français, pour un investissement de l’ordre de 40 milliards d’euros

Le traitement de l'eau est également un enjeu idéologique en France

  • 30% de la population mondiale ne dispose pas de l’eau courante, 60% sont privés de systèmes d’assainissement des eaux usées, et de nombreuses études prévoient que plus de 60% de la population mondiale sera confrontée à des pénuries d’eau d’ici à 2025.
  • La France est un pays très riche en eau puisque la consommation annuelle d’eau est d’environ 32 milliards de mètres cubes par an pour une disponibilité de 193 milliards de mètres cubes, alors que la consommation d’eau par habitant diminue en France au rythme moyen de 1,4% par an depuis 20 ans.
  • La consommation d’eau potable représente 18% de la consommation d’eau, l’agriculture 14%, l’industrie 9% et la production d’énergie 60%.
  • La Mairie de Paris avait créé Eaux de Paris, municipalisé la gestion de l’eau de la capitale en 2010 et baissé les prix de 8%. De nombreuses autres villes (Nice, Grenoble, Rennes, Brest, Montpellier, Castres, Cherbourg, Rouen, Digne, …) ont fait la même chose, les derniers en date étant Bordeaux et Lyon. Même si Toulouse a fait le mouvement inverse.
  • Le contrat du Syndicat des Eaux d’Ile de France (Sedif) concernant 151 communes, aujourd’hui géré par Veolia, s’achève en décembre 2022 et le Sedif pourrait décider de le réinternaliser.
  • Ainsi en 2000, 28% des habitants étaient desservis par une régie publique contre 40% en 2019.
  • Depuis 2013, il n’est plus possible de fermer l’accès à l’eau à un particulier qui n’aurait pas payé sa facture.
  • Le maire de Lyon propose une tarification « sociale et solidaire » de l’eau.
  • Le « droit à l’eau » figure dans le programme de la France Insoumise qui demande que ce droit soit inscrit dans la Constitution.

Les nouvelles technologies énergétiques et environnementales offrent de grandes perspectives

  • L’hydrogène : la combustion de l’hydrogène ne rejette pas de gaz à effet de serre mais l’hydrogène nécessite beaucoup d’électricité pour être produite par électrolyse de l’eau.
    • La pile à combustible à hydrogène (qui produit de l’électricité dans le véhicule en transformant l’hydrogène en eau) est une alternative à la batterie qui est plus difficile à charger, plus coûteuse et avec un bilan carbone plus lourd. La baisse des coûts de l’électricité décarbonée pourrait permettre de produire une hydrogène à meilleur coût. 
    • Avion à l’hydrogène : remplacer le kérosène par de l’hydrogène permettrait de réduire de 50 à 70% les émissions liées au transport aérien, et l’hydrogène a une densité énergétique trois fois supérieure à celle du kérosène. Airbus a pour objectif de produire un avion neutre en carbone en 2035 et, en septembre 2020, a dévoilé trois concepts d’avions à hydrogène.
    • En 2019, le Gouvernement Chinois a déclaré vouloir promouvoir en Chine « la société de l’hydrogène » 
    • Les autorités françaises ont alloué 7 milliards d’euros sur 2021 – 2022 pour développer l’hydrogène à travers 160 projets.
  • La biomasse : production d’un pouvoir calorique ou de produits combustibles à partir de matières organiques (déchets agricoles et de l’industrie agro-alimentaire, part fermentescible des déchets ménagers) par des procédés thermiques (pyrolyse, gazéification, combustion directe) ou biochimiques (méthanisation).
    • La fabrication d’agrocarburants à partir de céréales, de betteraves, d’huiles de colza, de tournesol, de soja … connaît un développement important, notamment en ce qui concerne le biométhane.

    • La biomasse devient  une source importante de production de biomatériaux avec de nombreuses innovations multipliant les applications.

    • La société Qairos Energies a mis au point une technologie pour produire de l’hydrogène par gazéification de la biomasse.
    • la production de Combustibles Solides de Récupération connaît également des progrès significatifs.
  • Le captage du CO2 : différentes technologies existent qui permettent d’isoler et liquéfier le CO2 pour le transporter, le stocker ou le réutiliser.
    • Le CO2 capté peut être stocké. Ainsi par exemple, fin 2020 le gouvernement norvégien a approuvé le projet Northern Light porté par Equinr, Shell et Total et visant à stocker, à partir de 2024, et sous la mer du Nord, 1.5 millions de tonnes de CO2 provenant de divers sites industriels (cimenterie, incinérateurs de déchets. Le gaz est d’abord liquéfié à -25°C puis acheminé par pipeline vers le site de stockage. 
    • Le CO2 capté peut aussi être réutilisé, par exemple pour être transformé en méthane.
    • Des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse, ont développé une technologie permettant de capter le CO2 directement à partir du pot d’échappement d’un poids lourd puis à le liquéfier et de le stocker dans un réservoir placé sur le toit du camion.
  • Le stockage de l’électricité :
    • Les batteries géantes se multiplient. Par exemple, Tesla et Neoen construisent en Australie une batterie d’une capacité de 300 MW pour gérer les intermittences du parc éolien de Hornsdale
    • La technologie Vehicule to Grid (V2G) développée par EDF et Nissan pour font des véhicules électriques une solution de stockage pour alimenter les réseaux électriques lorsqu’ils ne sont pas utilisés. 
  • La géothermie permet la production d’énergie thermique ou électrique grâce à la chaleur des nappes situées dans le sous-sol de la terre. La géothermie de faible profondeur (200 mètres) est un champ d’innovation prometteur et Schlumberger a créé une filiale spécialisée (Celsius Energy).
  • L’ammoniaque vert. Le processus habituel de production de l’ammoniaque à partir du méthane est générateur de carbone, mais un processus de production directement à partir de l’hydrogène permettrait de produire de l’ammoniaque sans émission de carbone. Cet hydrogène vert pourrait être un possible carburant pour le transport maritime et une substitution possible aux engrais chimiques. Le développement de l’utilisation de l’ammoniaque est l’un des axes de la politique environnementale du Japon.

Avec l'explosion des énergies renouvelables de nouveaux acteurs ont émergé

  • La croissance des énergies renouvelables dans la production électrique est en grande partie permise par les acteurs indépendants du solaire et de l’éolien comme NextEra Energy, Brookfield Renewable Partners, Azure Power, Sustainable Power Group, Ecotricity, Good Energy, Neoen, Voltalia, Enercoop, ekWateur, …
  • De nouveaux acteurs sont également apparus dans la production de biogaz ou d’électricité à partir de biogaz comme Renewable Energy Group, CropEnergies, Greenplains, Pacific Ethanol, Infinis Energy, …
  • Un grand nombre sociétés spécialisées dans la fourniture d’équipements pour le solaire et l’éolien connaissent une forte croissance comme Motech, Siemens Gamesa, Vestas, GE Energy, First Solar, Canadian Solar, Global pvq, Vestas, Inox Wind, Risen Energy, SunGrow, SunPower, …

Les leaders historiques ont placé la transition écologique au cœur de leur stratégie et initié de profondes transformations

  • La plupart des majors pétrolières ont annoncé leur ambition d’atteindre le zéro émission d’ici à 2050 au moins pour les périmètres 1 & 2 : BP, Repsol, Shell, ENI, Equinor, OMV, Galp.
  • Les grands énergéticiens européens ont massivement investis dans les énergies renouvelables : Iberdrola dispose à fin 2019 d’une capacité de 18.9 GWh d’énergies renouvelables (hors hydro-électrique), suivi par Enel avec 14.3 GWh, EDP Renovaveis avec 11.4 GWh, EDF avec 9.8 GWh, RWE avec 8.6 GWh, Engie avec 7.3 GWh, Acciona avec 7.2 GWh.
  • Iberdrola a annoncé viser 60 GWh de production d’électricité bas carbone en 2025 et 95 GWh en 2030. Enel a annoncé 70 milliards d’euros d’investissements pour atteindre 60 GW en 2023 et 120 GWh en 2030.
  • Les énergéticiens ont aussi procédé à des acquisitions d’acteurs du renouvelables comme E.ON avec Npower, EDF avec Futuren, EDP avec C2 Omega, Galp avec Zero-E, Naturgy avec Hamel Renewables, …
  • Orsted (anciennement DONG) s’est convertis à la production à 100% d’énergie renouvelable. En 2018, la compagnie norvégienne Statoil s’est rebaptisée Equinor pour ne plus faire référence au pétrole dans son nom. 
  • EDF
    • EDF a déjà réduit de 77% ses émissions de CO2 en France continentale entre 1990 et 2019 (de 24 à 5.4 millions de tonnes), pour l’essentiel en fermant ses centrales à charbon et au fioul.
    • EDF a défini sa raison d’être autour de la préoccupation climatique : « Construire un avenir énergétique neutre en CO₂, conciliant préservation de la planète, bien-être et développement, grâce à l’électricité et à des solutions et services innovants. »
    • Cap 2030, le projet stratégique d’EDF comporte trois piliers : la proximité au service des clients, une énergie respectueuse du climat, l’accompagnement de la transition énergétique dans le monde.
    • Le projet Hercule prévoit la scission d’EDF en deux ensembles : EDF Bleu (holding de tête 100% public détenant le nucléaire, l’hydroélectrique et le réseau de distribution), et EDF vert (coté en bouse à hauteur de 30%) dédié aux énergies renouvelables.
    • EDF a pris l’engagement de réduire, à échéance 2030, de 40 % ses émissions directes de CO2 par rapport à 2017 (périmètres 1 et 2), de réduire de 28 % (base 2019) les émissions de CO2 associées à la combustion du gaz vendu à des clients finaux (périmètre 3). et d’atteindre la neutralité carbone en 2050.
    • EDF vise ainsi à augmenter sa capacité de production d’énergies renouvelables de 28 GW à 60 GW d’ici à 2030 et à détenir 30% de part de marché pour l’électricité solaire en France.
    • Au-delà du nucléaire, de l’hydraulique, du solaire et de l’éolien, EDF investit dans le stockage de l’énergie (ambition de 10 GW en 2035), la biomasse avec 3 filiales (EDF Renouvelables, Dalkia Wasternergy, Dalkia Biogaz), la géothermie, l’hydrogène électrolyte (avec Hynamics une filiale spécialisée), le déploiement de l’infrastructure pour les véhicules électriques (ambition d’être en 2022 le leader de la mobilité électrique en Europe et en France, UK, Italie, Belgique) et les services énergétiques.
    • EDF est l’un des principaux émetteurs mondiaux de green bonds avec lesquelles il a financé 25 projets pour un total de 4.5 milliards d’euros.
  • Veolia
    • Veolia s’est donné comme raison d’être de « contribuer au progrès humain, en s’inscrivant résolument dans les objectifs de développement durable définis par l’ONU, afin de parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous » et s’est donné pour mission de « Ressourcer le monde ».
    • A ce titre Veolia, s’est donné pour objectif :
      • éliminer le charbon de ses activité européenne d’ici 2030 alors qu’il représente en 2020 environ 30% de ses émissions,
      • procéder au recyclage de 610 kt de plastic par an en 2023 (contre 350 kt en 2019).
    •  Veolia a lancé de nombreuses initiatives visant à développer le captage et la valorisation du biogaz des déchets, optimiser l’efficacité énergétique de ses sites industriels, recourir aux énergies renouvelables, augmenter le recyclage de la matière, séquestrer le CO2.
  • Engie 
    • Engie affirme son objectif de devenir un leader de la transition énergétique et climatique et prévoit de céder ses activités de services (74 000 salariés et 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires) pour investir dans la production d’énergie renouvelable et d’hydrogène vert.
    • Engie s’est fixé pour objectifs à l’horizon 2030 :
      • d’atteindre 58 % d’énergies renouvelables dans son mix énergétique,
      • de réduire de 52 % le taux d’émission de CO2 par kWh de la production d’énergie par rapport à 2019,
      • de réduire de 34 % les émissions de CO2 liées à l’usage des produits commercialisés par le Groupe par rapport à 2019,
      • de réduire de 35 % la consommation d’eau des activités industrielles par rapport à 2019.
    • Engie a ainsi annoncé vouloir sortir du charbon, qui représente encore 4% de sa production d’électricité, d’ici en 2025 en Europe et 2027 dans le reste du monde, et fermer ses centrales nucléaires en Belgique d’ici à 2025.
    • En 2020, Engie avait une capacité de production d’électricité éolienne de 8.5 GW, solaire de 700 TW et hydroélectrique de 18 GW.
    • Engie a ouvert la première usine au monde de production de biométhane à partir de combustibles solides de récupération (CSR) tels que bois, papier, cartons ou plastiques. Engie prévoit d’ouvrir au Havre une unité industrielle pour gazéifier 70 000 tonnes de déchets non recyclables par an pour produire 150 GWh de gaz.
  • Suez
    • « Façonner un environnement durable, maintenant ! » est la raison d’être de Suez qui a défini « la passion pour l’environnement » comme l’une des 4 valeurs du Groupe.
    • Suez s’est donné quatre priorités dont « Etre le leader de l’économie circulaire et bas carbone » et « Accompagner avec des solutions concrètes la transition environnementale de nos clients » et a défini la passion pour l’environnement comme l’une des 4 valeurs du Groupe.
    • Dans ce cadre, Suez s’est fixé comme objectif de :
      • proposer d’ici 2030 à tous ses clients des solutions à empreinte environnementale positive,
      • réduire de 45% ses émissions de CO2 à l’horizon 2030 en transformant ses stations d’épuration en biofactory à 100% autonomes en énergie et neutres en carbone,
      • réduire de 20 millions de tonnes de CO2 en 2030 les émissions annuelles de ses clients en transformant les déchets en énergie. 
    • En 2019, Suez a produit 8.7 TWh d’énergie renouvelable et 2.1 milliard de m3 d’eau alternative. 
    • L’un des 14 engagements de Suez est « d’accélérer la révolution du Digital dans les solutions eau et déchets au service de l’agriculture, de l’industrie, de la ville et du citoyen.
  • Total
    • En février 2021, Patrick Pouyanné a déclaré que le groupe ne souhaitait plus être considéré comme une compagnie pétrolière, mais comme un énergéticien » et se rebatisera TotalEnergies à l’issue de son assemblée générale du 28 mai
    • La raison d’être de Total est de « fournir au plus grand nombre une énergie plus abordable, plus disponible et plus propre » et son ambition de « devenir la major de l’énergie responsable ».
    • Total vise à réduire :
      • à zéro en 2050 les 40 millions de tonnes d’équivalent CO2 que ses sites industriels (périmètre 1 et 2) ont émis en 2019 au niveau mondial, notamment en éliminant le brûlage,
      • les 410 millions de tonnes d’émissions issues de l’utilisation de ses produits par les consommateurs finaux (périmètre 3) de 30% en 2030 et de les amener à zéro en 2050 mais uniquement pour leur part européenne (60%),
      • l’intensité carbone moyenne des produits énergétiques vendus par Total dans le monde de 15 % en 2030, de 35 % en 2040 et de 60% en 2050.
    • Pour parvenir à ces objectifs, Total a annoncé en septembre 2020 un plan de profonde transformation de son portefeuille d’activités avec l’augmentation de la part du gaz, du solaire et de l’éolien et la séquestration de CO2 dans les réservoirs d’hydrocarbure vides.
    • Total vise ainsi à atteindre 35 GWh de capacités de renouvelables en 2025 et 100 GWh en 2030 avec 60 milliards d’euros d’investissements sur 10 ans.
    • En plus de la réalisation de nombreux projets industriels, Total a effectué de multiples acquisitions et prises de participations (Sunpower, Saft, Lampiris, Eren, Direct Energie, Greenflex, Quadran, Fonroche Biogaz).e

Le Digital joue un rôle majeur dans la transformation des leaders avec une dizaine d'initiatives prioritaires

Les initiatives de Transformation Digitale dans le secteur de l’Energie et de l’Environnement

(Source : Analyse Astrafor)

  1. Expérience Client et performance commerciale.
    • La base de l’amélioration de l’Expérience Client a été la mise en œuvre d’un CRM (Customer Relationship Management), la modernisation des centres de contact clients et la mise en œuvre d’une approche multicanal (appels téléphoniques, messages instantanés, email, …) qui améliorent également la productivité des commerciaux et conseillers clients :
      • Engie a mis en œuvre le CRM de Salesforce intégré à une solution de Customer Engagement (RingCentral Engage) pour fournir à ses 5 000 conseillers clients une vision à 360° de leurs clients et permettre une communication multicanale avec les clients.
      • EDF ENR, la filiale du Groupe EDF spécialisée dans le solaire photovoltaïque a mis en œuvre Dynamics CRM 365 pour optimiser ses parcours clients et son service après-vente, et EDF a mis en œuvre Salesforce.
      • Veolia propreté a mis en place une application mobile pour permettre aux commerciaux d’avoir accès aux dossiers clients. depuis leur PC ou leur smart phone
    • La seconde dimension de l’amélioration de l’Expérience Client est la mise en œuvre d’outils et de services pour faciliter la vie des Clients :
      • Suez a mis à disposition l’application « monservicedéchets » dans 900 communes représentant 2 millions d’administrés, pour donner des informations sur le tri et le recyclage des produits,
      • Suez propose également une application « ON’connect™ coach » qui permet aux particuliers de surveiller et d’optimiser leur consommation d’eau, 
      • EDF propose Digiwatt une offre de gestion du contrat d’électricité 100% dématérialisée en ligne qui permet d’obtenir 5% de réduction sur le tarif électrique. 
      • Avec l’application EDF & Moi, EDF permet à 13 millions de clients de réaliser des opérations simples comme le téléchargement d’un justificatif d’in domicile ou la consultation et le règlement de factures.
      • EDF propose l’application e.quilibre qui permet à 12 millions de clients de suivre leur consommation d’électricité et de gaz naturel et de visualiser en euros et en kWh les consommations de chacun de leurs équipements par type d’usage (chauffage, eau chaude, électroménager, …),
      • AnalyseConso est un service qu’EDF propose aux entreprises pour analyser les consommations d’un site et proposer des pistes d’économies d’énergie.
      • IZI by EDF accompagne les clients dans la rénovation énergétique à l’aide d’un réseau d’artisans locaux.
  2. Smart Meter. Les compteurs « intelligents » permettent aux clients de comprendre les écarts de consommation, de mieux piloter leurs factures et formule tarifaire (et donc faire des économies), et permet aux fournisseurs de mieux comprendre les profils de consommation des clients, de réduire les volumes d’interventions sur site client, de réduire le volume de litiges clients, de proposer des tarifs flexibles en fonction de la période de consommation, d’optimiser les formules d’abonnement en mesurant la consommation à la demi-heure, de mieux prévoir la demande. Dans le domaine de l’eau, les compteurs intelligents permettent aussi de détecter d’éventuelles fuites.
    • Enedis a installé en France 30 millions de compteurs « intelligents » pour l’électricité.
    • Suez gère 4 millions de compteurs communicants pour l’eau, le gaz et l’électricité avec sa solution ON’connect.
  3. Smart Grid. Les réseaux de distribution « intelligents » permettent l’intégration de la production des producteurs locaux, notamment d’énergies intermittentes, de faciliter les raccordements, notamment dans la perspective du développement des véhicules électriques, de remédier aux pannes de réseau, et surtout d’optimiser l’équilibrage du réseau par exemple en déclenchant à distance certains équipements (chauffe-eau, recharge de véhicule électrique, …) en cas de surtention du réseau. Ce sont les réseaux intelligents qui, en conjonction avec les compteurs intelligents, permettent de proposer aux clients des offres adaptes aux différents profils de consommation.
    • Le réseau moyenne tension d’Enedis (700 000 km) est géré par 30 centres de contrôle qui pilotent par logiciel 100 000 points de commande digitalisés,
    • Engie Ineo est un pionnier des microgrids, réseaux intelligents à l’échelle d’un quartier voire ou même d’un bâtiment, avec sa solution Smart’eo.
  4. Asset Management et Maintenance prédictive. L’es solutions d’Asset Management permettent de cartographier les ressources connectées à un réseau ou constituant le réseau, de collecter et maintenir les informations (techniques, financières, localisation) sur ces ressources, de définir des règles et procédures de gestion de ces ressources (et des pièces détachées) avec des indicateurs, des alertes, des workflows, de définir les  protocoles de contrôle et de maintenance, de conserver l’historique de toutes les interventions, de gérer les intervention des sous-traitants sur ces ressources. Les solutions de maintenance prédictive permettent d’évaluer les risques de panne et de planifier des opérations de maintenance préventive pour les éviter. Les drones sont de plus en plus utilisés pour inspecter les infrastructures industrielles, la vision par ordinateur et la robotique y trouve un champ d’application prometteur.
    • EDF a équipé ses machines tournantes, utilisées pour la production hydroélectrique et nucléaire, de systèmes de surveillance vibratoire Oros pour mettre en œuvre la maintenance prédictive de ces équipements.

    • Engie Laborelec est une filiale d’Engie qui développe et commercialise des solutions de maintenance prédictive pour les équipements électrique à Haute-tension. 

  5. IOT et digitalisation des infrastructures de production et de distribution. La mise en place de capteurs sur les équipements et les réseaux de distribution d’eau et de gaz, permet de mieux piloter les équipements et les réseaux, d’améliorer la sécurité des collaborateurs, de détecter les fuites, de mettre en œuvre la maintenance prédictive, et d’optimiser la consommation d’énergie., de comprendre et gérer les écarts de performance des équipements industriels.
    • Dans les centrales thermiques, les nouveaux systèmes de pilotage de la combustion (CDMS) permettent des économies d’énergie de 0.5 à 1%.
    • Grâce à des capteurs sur ses canalisations d’eau, la communauté urbaine du Grand Poitier a pu éviter les fuites et économiser 10% de l’eau pompée.
    • Suez a installé 3 millions de capteurs sur ses réseaux et ses bacs de déchets ménagers
    • Suez a développé Aquadvanced, une solution de digitalisation de la production d’eau permettant de piloter les puits, la qualité de l’eau, l’efficacité énergétique des stations, les réseaux de distribution d’eau.
    • EDF, Framatome et le CEA ont lancé le projet Usine Nucléaire du Futur qui développe une vingtaine de technologies dont l’instrumentation innovante,  le réacteur numérique, le combustible numérique, les moyens de conduite du futur, l’exploitation flexible, …
  6. Digitalisation de l’Engineering. Modélisation en trois dimensions, jumeau numérique, réalité virtuelle et augmentée permettent d’améliorer la conception et la maintenance des infrastructures énergétiques.
    • EDF a mis en place une équipe Réalité Virtuelle et Visualisation Scientifique (RVVS) réunissant des compétences de modélisation 3D, de vision assistée par ordinateur, de réalité virtuelle et augmentée pour la préparation d’interventions en centrale nucléaire.
    • Depuis le 1er janvier 2020, les acteurs de la filière nucléaire se sont engagés avec EDF, pour 4 ans, dans le développement du jumeau numérique d’un réacteur nucléaire qui permettra d’entrainer les opérateurs et d’améliorer la performance du parc nucléaire.
    • Total développe le programme Quantum, qui vise à créer le jumeau numérique de chacun de ses installations stratégiques, et Total injecte dans le sol des capteurs biodégradables pour construire le jumeau numérique des champs pétrolifères qu’il exploite.
  7. Collaborateur connecté.
    • Engie a équipé les 100 000 techniciens de ses équipes de terrain de terminaux et d’applications mobiles pour leur permettre de disposer de toutes les informations lors de leurs interventions et interactions avec les clients.
    • En France, Suez a équipé 300 commerciaux d’une application commerciale leur permettant de disposer de présentations, de video, d’information sur les clients, et d’établir leur compte-rendu de visite client.
  8. Prévision de la demande et de la production. La modélisation de la demande en fonction de paramètre comme la saison, la température extérieure, le jour de l’année (férié, week-end, vacances, …) permet d’anticiper l’arrêt ou le lancement d’équipement de production, les achats, la charge sur la chaine logistique, de planifier la présence des équipes, d’inciter les clients à consommer moins ou davantage d’énergie, de calibrer les offres commerciales … La prévision de la demande est l’un des champs de développement de l’Intelligence Artificielle.
    • EDF « store & forecast » commercialise des prévisions de production et de consommation, notamment CONSOSCOPE™ prévoit la consommation électrique sur un horizon infra-journalier jusqu’à J+7. 
    • RTE publie quotidiennement une prévision de consommation d’électricité pour les prochains jours.
    • EDF a un projet « Impact de la météorologie sur l’équilibre offre et demande » qui a développé une application permettant d’anticiper la production d’électricité de l’éolien et du photovoltaïque.
  9. Dématérialisation et automatisation des processus.
    • Centrica a digitalisé ses processus comptables et financiers en mettant en place SAP S/4 HANA avec 2 000 utilisateurs.
    • Le Centre de Services Partagés Comptabilité d’EDF a lancé un projet d’automatisation de ses processus (rapprochement comptable, contrôle des factures) à l’aide des technologies de RPA, appelé « e-renfort ».
    • La Direction Juridique d’EDF a mis en œuvre un chatbot « R2DJ » capable de répondre aux questions concernant 6 000 domaines juridiques.
    • EDF a généralisé le parapheur électronique qui a permis de dématérialiser la signature de millions de documents.
  10. Building Information Modeling (BIM). Le Building Information Modeling permet de construire la maquette numérique d’un bâtiment pour visualiser et d’appréhender un bâtiment avant sa construction puis tout au long de son cycle de vie.
    • Engie a créé une BIM Factory de 150 personnes au sein de l’entité ENGIE Solutions Digitales et affirme que le BIM permet d’économiser 12% des coûts sur le cycle de vie des produits.
    • Suez et Resolving ont créé une société commune commercialisant l’offre BatiRIM® qui permet d’identifier la quantité des matériaux existants afin de planifier la déconstruction du bâtiment et de définir la meilleure stratégie de valorisation des matériaux réutilisables.les